#21 Amélie Boinali, éducatrice spécialisée aux Maisons Hospitalières de Cergy

Publiée le
20/02/2026
#21 Amélie Boinali, éducatrice spécialisée aux Maisons Hospitalières de Cergy

Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Bonjour, je m’appelle Amélie Boinali et je travaille depuis mai 2022 aux Maisons Hospitalières de Cergy au sein de l’unité Passerelle, en tant qu’éducatrice spécialisée. Diplômée depuis 2015, je suis également référente culturelle de l’unité.

Pouvez-vous nous expliquer votre métier et comment vous avez commencé à travailler dans le domaine de la santé mentale ?

Mon métier consiste à accompagner des jeunes adultes ayant des troubles psychiques stabilisés dans leur projet de rétablissement, en lien avec leur environnement, au sein d’une équipe pluridisciplinaire. L’objectif est de les rendre les plus autonomes possible.

Aussi loin que je me souvienne, le sujet de la santé mentale a toujours occupé une place importante dans mes expériences professionnelles. J’ai débuté mon parcours dans un centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), auprès de personnes ayant connu une longue période de détention. J’ai ensuite rejoint un foyer d’hébergement accueillant des personnes concernées par une déficience intellectuelle légère avant d’intégrer un service d’accompagnement à la vie sociale (SAVS).

Ces différentes expériences m’ont finalement conduite à rejoindre l’association Les ailes déployées.

Au quotidien comment accompagnez-vous les personnes vivant avec des troubles psychiques ? 

Au quotidien, les accompagnements que je propose sont multiples et s’accordent aux besoins des patients. Il s’agit souvent de faire le lien avec l’extérieur en leur transmettant « les clés » pour qu’ils aient besoin, progressivement, du moins d’accompagnement possible. J’explique souvent aux personnes que j’accompagne que je n’ai pas réponse à tout, mais que j’ai identifié des interlocuteurs pouvant m’aider à répondre à différentes questions, et ce sont des connaissances que je leur transmets.

L’accompagnement proposé est global, que ce soit dans le domaine de l’insertion professionnelle, du logement, de la culture, du sport, sur le lien familial et l’autonomie dans le quotidien etc. Il peut s’agir de rendez-vous dans mon bureau, d’un accompagnement physique pour un rendez-vous extérieur, de la participation à des ateliers, d’animation d’ateliers sociaux.

Quels sont les défis les plus importants auxquels vous êtes confrontée au quotidien dans votre travail ?

Les défis les plus importants auxquels je suis confrontée au quotidien dans mon travail sont de soutenir les personnes que j’accompagne dans l’expression de leurs envies, de leurs projets, et qu’ils en soient pleinement acteurs en s’appuyant sur leurs ressources. Beaucoup de personnes arrivent en exprimant le souhait d’avoir un travail et un logement.

Il est souvent nécessaire de les accompagner sur la notion « d’étapes » afin que leurs projets soient adaptés à leur besoin d’accompagnement et de prise en compte de leurs ressources et difficultés. L’idée est d’inscrire une continuité entre leur séjour au sein de Passerelle et leur sortie.  Pour cela, un important travail partenarial est nécessaire au quotidien.

Pouvez-vous nous décrire une expérience gratifiante ou significative que vous avez vécue du fait de votre métier ?

L’une des expériences gratifiantes que j’ai pu vivre depuis mon arrivée à Passerelle a été celle de la participation à un projet culturel de danse inter-unités en lien avec le Théâtre de la Ville de Paris. Sur plusieurs mois, une intervenante est venue aux Maisons Hospitalières de Cergy pour effectuer une médiation, permettant aux professionnels de participer, au même titre que les patients, à ce projet de danse.  Cet espace bienveillant a permis de voir les personnes accompagnées sous un autre regard et d’être dans une forme de « lâcher prise » où professionnels et patients se retrouvaient ensemble en posture d’apprenants.

La restitution du projet s’est déroulée à la chapelle Saint-Louis de la Salpêtrière, permettant de rencontrer les autres participants au projet et tous les danseurs. Une restitution dans un cadre atypique qui a sublimé la création du chorégraphe, Saïdo Lehlou.

En quoi consiste la collaboration avec vos collègues au sein de l’association et comment travaillez-vous collectivement pour soutenir les personnes connaissant une altération de leur santé mentale ?

Je collabore au quotidien avec mes collègues éducatrices spécialisées qui partagent mon bureau mais qui font partie de l’unité Espace de Jour Réhab (EJR), ainsi qu’avec le pôle socio-éducatif de la Maison Partenaires et avec les professionnels participant au collège socio-éducatif. Ces espaces de rencontre permettent des temps d’écoute, de partage d’expérience et de réflexion, et nous permettent de partager des ressources essentielles à notre métier afin de faire évoluer et d’adapter au mieux l’accompagnement des personnes connaissant une altération de leur santé mentale.

Pour vous, quels seraient les 3 mots qui qualifieraient l’association ?

Les trois mots qui qualifieraient l’association pour moi seraient l’engagement, tant des professionnels auprès des publics, que de l’association au sein de différentes instances comme le CLSM (Conseil Local en Santé Mental) par exemple.

La formation, car l’association permet par son large choix de formations d’enrichir nos pratiques, que ce soit à travers les contenus de formation et la rencontre des différents professionnels participants.

La complémentarité, il s’agit de ma première expérience de travail en équipe pluridisciplinaire autant diversifiée et c’est une grande richesse d’avoir la possibilité d’accompagner des personnes dans la construction de leur projet avec des regards aussi multiples que complémentaires.

Quels sont les outils et ressources que vous trouvez les plus utiles dans votre pratique professionnelle ?

Les outils et ressources que je trouve les plus utiles dans ma pratique professionnelle sont le travail partenarial avec les secteurs de psychiatrie.  En effet, leur connaissance du patient, du territoire et de ses ressources est essentielle dans l’accompagnement. La communication au sein de l’équipe est également une ressource essentielle, afin que chaque corps de métier puisse comprendre ce que font les autres et que les interventions auprès des personnes accompagnées soient complémentaires.

Y-a-t-il de nouveaux projets au sein de votre unité dont vous aimeriez nous parler ?

Oui nous aimerions à terme développer la pair-aidance au sein de Passerelle.

Actuellement, nous avons expérimenté plusieurs modalités de pair-aidance que nous avons à cœur de valoriser. Par exemple, lors de l’accueil d’un nouveau patient, la visite des locaux et la présentation de l’organisation de l’unité est réalisée par un patient séjournant à Passerelle depuis quelques mois, afin qu’il puisse partager son expérience.

Nous avons également mis en place un atelier social, dans lequel d’anciens patients sont invités à témoigner de leur parcours à la sortie de Passerelle, permettant d’aborder des sujets tels que l’accès à une solution de logement temporaire par exemple.

Nous encourageons également les patients à mener leur propre atelier. Ma collègue ergothérapeute a notamment accompagné un patient à la mise en place d’un atelier « création de jeux vidéo ».

Un pair-aidant venant d’un secteur de psychiatrie partenaire intervient aussi auprès des patients durant leur séjour à Passerelle.

L’objectif est de poursuivre les développements en cours et d’en créer, pourquoi pas, de nouveaux.

Merci à Amélie pour son partage d’expérience !

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