#28 Portrait de Sandrine GRALL, responsable d’exploitation au sein de l’ESAT Bastille
Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?
Je suis responsable d’exploitation au sein de l’ESAT Bastille. Forte d’une expérience de 30 ans dans les secteurs de la restauration et de la gestion d’activités, j’ai rejoint l’ESAT Bastille en février 2026 avec l’envie de mettre mon expérience au service d’un projet qui donne une place importante à l’humain.
Pouvez-vous nous expliquer votre métier et comment vous avez commencé à travailler dans le domaine de la santé mentale ?
Mon rôle est de piloter plusieurs activités : la restauration, avec le self, le Bistro et l’événementiel, l’entretien des locaux, ainsi que notre nouvelle activité de chambres d’hôtes. Je veille à la bonne organisation de ces activités, à la qualité des prestations et à l’accompagnement des travailleurs dans le développement de leurs compétences et de leur autonomie.
J’assure également une mission de Building Manager, c’est-à-dire que je suis responsable du bon fonctionnement du site de Bastille dans son ensemble.
Avant de rejoindre l’association Les ailes déployées, j’avais déjà travaillé et été très investie dans d’autres associations. La cause de la santé mentale me tient particulièrement à cœur. C’est pourquoi lorsque j’ai eu l’opportunité de rejoindre Les ailes déployées et de prendre ce poste, cela a été une évidence pour moi.
Ce qui me motive dans mon métier est de concilier les exigences d’une activité professionnelle avec l’accompagnement des personnes en situation de handicap, en favorisant leur autonomie, leur confiance et leur valorisation au travers du travail.
Au quotidien, comment accompagnez-vous les personnes vivant avec des troubles psychiques ?
La découverte de l’association Les ailes déployées et du monde de l’accompagnement est encore toute fraîche.
J’ai à cœur de porter le projet d’inclusion par le travail et de donner à nos travailleurs les outils nécessaires pour qu’ils soient mieux armés et puissent appréhender avec confiance les codes et les exigences du milieu ordinaire.
Quels sont les défis les plus importants auxquels vous êtes confrontée au quotidien dans votre travail ?
- Elles ont commencé par un recentrage de l’équipe autour d’un projet commun qu’il a fallu retravailler ensemble : le travailleur et son chemin vers le milieu ordinaire, la formation de nos équipes opérationnelles, la transmission du savoir, comment évaluer nos travailleurs et leurs capacités à progresser.
- Chaque travailleur a ses particularités.
- La découverte du handicap.
- Mes difficultés rencontrées au quotidien sont multiples.
En effet, avant ma prise de poste, la notion de handicap dans le milieu professionnel était floue… Aujourd’hui elle prend tout son sens.
Pouvez-vous nous décrire une expérience gratifiante ou significative que vous avez vécue du fait de votre métier (exemple : en aidant une personne accompagnée à surmonter ses difficultés) ?
Dans notre métier, je dirais qu’il n’y a pas de petite victoire. Chaque réussite est significative : voir un stagiaire réussir son stage et intégrer ensuite les Ateliers Faubourg, accompagner un travailleur qui réussit un stage ou une prestation en milieu ordinaire, ou encore réussir collectivement un événement pour un client.
S’il fallait choisir un exemple, je citerais un événement que nous avons récemment organisé pour ANDICAT, pour lequel nous avons assuré la restauration de 420 participants. Les travailleurs présents ont vraiment assuré. Il y avait une très belle cohésion d’équipe et beaucoup de fierté. C’était aussi l’occasion pour eux de prendre confiance en leurs compétences et de voir concrètement ce qu’ils étaient capables de réaliser.
À la fin de l’événement, ils ont été invités à monter sur scène et ont reçu les applaudissements du public. Voir leur fierté à ce moment-là a été particulièrement fort.
C’est exactement pour ce type de moments que notre métier prend tout son sens : permettre à chacun de développer ses compétences, de prendre confiance en soi et d’être reconnu pour la qualité de son travail.
En quoi consiste la collaboration avec vos collègues au sein de l’association et comment travaillez-vous collectivement pour soutenir les personnes connaissant une altération de leur santé mentale ?
La collaboration avec mes collègues est essentielle dans mon quotidien. L’accompagnement des travailleurs ne peut pas reposer sur une seule personne ou un seul service : c’est vraiment un travail collectif.
Dans ma fonction, je suis donc quotidiennement en lien avec les différentes directions et services de l’association.
Par exemple, lors des revues RH mensuelles, la psychologue nous apporte son expertise et son regard sur certaines situations plus complexes. Cela nous permet d’adapter au mieux notre accompagnement pour soutenir notamment les personnes connaissant une altération de leur santé mentale.
Notre collaboration repose beaucoup sur l’écoute, la transmission des informations et la confiance entre professionnels. Chacun apporte son regard et ses compétences. Pour moi, c’est cette complémentarité qui nous permet d’avoir une approche globale de la personne et de construire un environnement bienveillant et valorisant.
Pour vous, quels seraient les 3 mots qui qualifieraient l’association ?
- HUMANITÉ, parce que l’accompagnement place la personne au centre, avec écoute, respect, bienveillance.
- CONFIANCE, sous toutes ses formes : confiance dans les personnes accompagnées, mais aussi entre professionnels et envers le management.
- AUTONOMIE, parce que l’objectif premier de nos métiers est de permettre aux personnes de développer leurs compétences, de prendre des initiatives et de trouver leur place dans une véritable activité professionnelle.
Quels sont les outils et ressources que vous trouvez les plus utiles dans votre pratique professionnelle ?
Les ressources que je trouve les plus utiles sont avant tout les échanges avec les équipes et le travail collectif.
Les temps d’échanges avec les moniteurs sont essentiels pour suivre l’évolution des travailleurs, comprendre leurs besoins, et adapter l’organisation du travail.
La communication avec les différents professionnels de l’ESAT me permet également d’avoir une vision globale des situations. Je m’appuie également beaucoup sur les outils de suivi et d’organisation de l’activité : plannings, procédures, indicateurs d’activité et de qualité.
La relation avec ma directrice des opérations constitue également une ressource importante. Sa confiance, son écoute et sa disponibilité me permettent de gagner en autonomie dans mes décisions tout en sachant que je peux continuer à échanger avec elle lorsque je rencontre une difficulté ou qu’une situation nécessite un regard extérieur.
Enfin, je considère comme une ressource essentielle l’expérience et les compétences de mes collègues. Le partage d’expérience, les conseils et la complémentarité des métiers nous permettent de trouver collectivement des solutions adaptées aux personnes que nous accompagnons.
Pour moi, les outils sont importants mais c’est surtout leur utilisation collective et la qualité des relations entre professionnels qui permettent un accompagnement efficace.
Y a-t-il de nouveaux projets au sein de votre unité dont vous aimeriez nous parler ?
Nous avons tout d’abord ouvert, le 5 octobre, trois nouvelles chambres d’application. Cette nouvelle activité va nous permettre d’enrichir les services proposés à nos clients, mais aussi de créer de nouvelles situations de travail et d’apprentissage pour les travailleurs, notamment autour de l’accueil, de l’entretien des chambres et de la relation client.
Nous prévoyons également, à partir de juin 2027, une rénovation complète de nos espaces de restauration. L’objectif est bien sûr d’améliorer l’expérience de nos clients, mais aussi de proposer aux équipes des espaces de travail plus modernes, fonctionnels et adaptés à leurs besoins.
Ces projets ont donc une triple ambition : améliorer la qualité de nos prestations et la satisfaction de nos clients, améliorer les conditions de travail de nos équipes et offrir aux travailleurs de nouvelles possibilités de développer leurs compétences et leur autonomie.
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