#26 Portrait de Maty Camara, monitrice d'atelier Maintenance et hygiène des locaux (MHL) au sein de l'ESAT Bastille
1. Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?
Bonjour, je m’appelle Maty et je travaille au sein de l’association Les ailes déployées depuis maintenant 15 ans. Aujourd’hui, je suis monitrice à l’ESAT Bastille au sein du pôle Maintenance et hygiène des locaux (MHL) où j’accompagne des personnes en situation de handicap psychique et/ou mental dans leur parcours professionnel.
Avant de rejoindre l’association, j’ai eu plusieurs expériences professionnelles dans différents domaines. Pendant deux ans dans une usine qui fabriquait des produits de soin pour le corps, où j’étais chargée du conditionnement.
En 2008, j’ai ensuite travaillé pendant environ un an et demi dans une maison de retraite auprès de personnes âgées. Cette expérience m’a permis de développer mon sens de l’écoute, de l’attention et de l’accompagnement.
Entre 2009 et 2011, j’ai également travaillé comme ASH (agent de service hospitalier) dans une clinique, principalement dans l’entretien et l’hygiène des locaux.
À l’origine, ma formation professionnelle est la coiffure. Je possède un diplôme mais celui-ci n’est pas reconnu en France. C’est grâce à mes différentes expériences professionnelles que j’ai pu développer des compétences dans l’hygiène des locaux, l’accompagnement et le contact avec les personnes.
C’est ensuite mon arrivée au sein de l’association qui m’a permis de découvrir progressivement le domaine de la santé mentale et de construire mon parcours professionnel dans l’accompagnement.
2. Pouvez-vous nous expliquer votre métier et comment vous avez commencé à travailler dans le domaine de la santé mentale ?
En 2012, j’ai postulé aux Maisons Hospitalières de Cergy en tant qu’agente hôtelière, au moment de leur ouverture. Mon travail consistait à assurer la propreté des chambres des patients et des locaux.
Mon rôle comportait aussi une dimension d’accompagnement, notamment auprès des personnes autonomes qui arrivaient à la fin de leur séjour. Je leur apprenais les gestes et les bonnes pratiques de nettoyage afin qu’elles puissent les reproduire une fois de retour à leur domicile.
Cette expérience m’a beaucoup appris sur l’accompagnement des personnes vivant avec des troubles psychiques et m’a donné le goût de transmettre et d’accompagner.
Par la suite, j’ai rejoint les ateliers Faubourg de l’ESAT Bastille. Cette évolution dans mon parcours m’a permis de développer mes compétences et de prendre davantage de responsabilités en devenant monitrice d’atelier.
3. Au quotidien, comment accompagnez-vous les personnes vivant avec des troubles psychiques ?
Au quotidien, j’accompagne les travailleurs en situation de handicap dans leurs différentes activités professionnelles au sein de l’atelier Maintenance et Hygiène des Locaux (MHL). Ils réalisent des prestations d’hygiène et de nettoyage sur différents sites de l’association ainsi que chez des clients extérieurs.
Mon rôle est de les former, de les encadrer, de les guider, de les rassurer et de les accompagner tout au long des prestations, tout en les aidant à développer leur autonomie, leur confiance en eux et leurs compétences professionnelles.
En tant que monitrice, je réalise également chaque année l’entretien relatif à leur projet personnalisé ainsi que leur entretien professionnel. Ces moments sont importants, car ils permettent à chaque personne accompagnée d’exprimer ses attentes, ses besoins et les difficultés qu’elle rencontre. Ils permettent également de parler de ses objectifs et de son évolution.
Ensemble, nous construisons un accompagnement adapté à chaque personne afin de les aider à progresser dans leurs parcours professionnel et personnel. C’est particulièrement gratifiant de pouvoir constater leurs progrès au fil du temps.
4. Quels sont les défis les plus importants auxquels vous êtes confrontée au quotidien dans votre travail ?
Au quotidien, le principal défi est de gérer les situations de conflit et les difficultés que peuvent rencontrer certains travailleurs.
Pour cela, nous recevons chaque personne individuellement afin de comprendre la situation et les difficultés rencontrées. Nous utilisons notamment la plateforme IMAGO, qui est un outil très utile pour améliorer les démarches d’accompagnement et le suivi du projet personnalisé.
Lorsque cela est nécessaire, nous organisons ensuite une réunion avec les moniteurs des différents ateliers de l’ESAT Bastille, notamment Viala, Perrette et Cour du Faubourg, ainsi qu’avec les responsables des ateliers, les personnes concernées et, si besoin, le médecin psychiatre.
Ces échanges permettent à chacun de partager son point de vue, de rappeler les règles de l’ESAT et surtout de chercher ensemble des solutions adaptées.
Notre objectif est toujours d’aider les personnes accueillies à surmonter leurs difficultés et à retrouver un climat de confiance.
5. Pouvez-vous nous décrire une expérience gratifiante ou significative que vous avez vécue grâce à votre métier ?
Ce qui me rend le plus fière, c’est de voir les personnes accueillies évoluer au cours de leur accompagnement.
Beaucoup arrivent avec un manque de confiance en elles, parfois fragilisées par leur histoire ou par leurs précédentes expériences. Grâce à l’accompagnement proposé par l’association, elles gagnent progressivement en assurance, développent leurs compétences, se sentent valorisées et trouvent leur place dans leur environnement professionnel.
Certaines poursuivent même leur parcours avec nous jusqu’à la retraite.
Les voir s’épanouir, progresser et prendre conscience de leurs capacités constitue pour moi une grande source de satisfaction.
6. En quoi consiste la collaboration avec vos collègues au sein de l’association ?
Nous travaillons dans un véritable esprit d’équipe. Avec l’arrivée d’une nouvelle responsable, Mme Sandrine Grall, les Ateliers Faubourg (MHL, cuisine et salle) ont été réorganisés et cela a renforcé cet esprit et la cohésion d'équipe.
Nous échangeons aussi régulièrement afin d’assurer un accompagnement de qualité et une mise en commun nos connaissances pour trouver les meilleures solutions pour les travailleurs.
Ce que j’apprécie particulièrement au sein de l’association, c’est que chaque personne est considérée de la même manière. Il n’y a pas de différences entre les uns et les autres, chacun est respecté pour ce qu’il est.
7. Pour vous, quels seraient les trois mots qui qualifieraient l’association ?
Je dirais : le dialogue, le partage et la reconnaissance.
8. Quels sont les outils et ressources que vous trouvez les plus utiles dans votre pratique professionnelle ?
La plateforme IMAGO est importante dans ma pratique professionnelle. Elle permet d’assurer le suivi des usagers et faciliter la transmission des informations entre les différentes équipes.
Elle regroupe plusieurs outils qui nous permettent d’avoir la liste des personnes travaillant dans les différents ateliers (cuisine, la salle et la maintenance et hygiène des locaux), de consulter les listes de présence, le journal de bord, les activités réalisées par les travailleurs ainsi que les informations concernant les nouvelles admissions. Elle dispose aussi d’un tableau de bord permettant de transmettre différentes informations, notamment les informations liées à la MDPH ainsi que des informations générales concernant les travailleurs.
J’utilise également Skillup, un outil permettant de suivre les formations et les entretiens professionnels des travailleurs.
9. Y a-t-il de nouveaux projets au sein de votre unité dont vous aimeriez nous parler ?
Je suis très heureuse de voir que l’association et l’ESAT Bastille continuent de se développer. La restructuration à venir du site de Bastille permettra à terme de créer davantage d’opportunités pour les travailleurs et de favoriser leur insertion dans le milieu ordinaire.
Il y également le projet de l’ouverture de trois nouvelles chambres d’hôtel dont il nous a été proposé de prendre en charge l’entretien et la gestion, en complément des trois chambres que nous gérons déjà. Nous aurons donc au total six chambres à gérer.
Cela représente une nouvelle responsabilité pour notre équipe et une opportunité supplémentaire pour les travailleurs de développer leurs compétences professionnelles.
Un dernier mot ?
J’aime profondément mon travail. L’association m’a permis d’évoluer professionnellement, de développer mes compétences et de valoriser mon métier.
Je suis fière d’accompagner chaque jour les travailleurs vers davantage d’autonomie et de les aider à prendre conscience de leurs capacités.
Voir une personne dépasser ses difficultés, gagner confiance en elle et s’épanouir est ce qui donne tout son sens à mon métier.
Merci à Maty pour son partage d’expérience et son engagement quotidien.
Des initiatives au service de la santé mentale !
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