#22 Elisa Petitgas, infirmière au sein de Passerelle aux Maisons Hospitalières de Sénart
Pouvez-vous vous présenter en quelques lignes ?
Bonjour, je m’appelle Elisa, j’ai 25 ans et je suis infirmière depuis 4 ans et demi. J’ai rejoint les Maisons Hospitalières de Sénart il y a un an en tant qu’infirmière au sein plus précisément de l’unité Passerelle.
Pouvez-vous nous expliquer votre métier et comment vous avez commencé à travailler dans le domaine de la santé mentale ?
En tant qu’infirmière, mon rôle est de soigner et d’accompagner les patients. Nous travaillons en équipe afin que chacun puisse jouer un rôle dans la prise en charge des patients qui sont accueillis au sein de l’unité Passerelle et que l’on puisse échanger sur nos pratiques. J’ai un rôle qui combine plusieurs éléments, il est à la fois technique, humain et dans l’organisation avec comme priorité numéro une le bien-être du patient que j’accompagne au quotidien.
Au départ, j’ai fait une formation d’infirmière avec comme objectif premier de travailler auprès de jeunes enfants en devenant puéricultrice. C’est au cours de mes différents stages (en secteur fermé de psychiatrie à l’hôpital et en hôpital de jour en clinique) que j’ai réalisé que le côté humain et le relationnel avec les patients était la partie qui me plaisait le plus dans le métier d’infirmière.
Puis, c’est encore au cours d’un stage lors de ma troisième année d’école que j’ai pu affiner mon orientation. Celui-ci s’est en effet déroulé au sein d’un secteur fermé de psychiatrie et celui-ci m’a beaucoup plu. J’ai alors réalisé que la santé mentale était un domaine qui me plaisait et était un secteur dans lequel je voulais travailler, car il me permettait de prendre soin de patients concernés par une vulnérabilité psychique et c’est ce pourquoi j’ai souhaité poursuivre dans cette voie.
Au quotidien comment accompagnez-vous les personnes vivant avec des troubles psychiques ?
Au quotidien au sein de Passerelle, nous accompagnons les patients qui sont concernés par des pathologies psychiatriques, avec l’objectif de les amener vers plus d’autonomie. En tant que service orienté vers la réhabilitation psychosociale, notre objectif va être d’accompagner les patients stabilisés psychiquement à retrouver un logement, que ce soit un service autonome, un foyer de vie ou une résidence autonomie, un travail… En tant qu’infirmière, je les accompagne également dans les soins, que ce soit dans la compréhension de leur pathologie, l’administration et la gestion de manière autonome de de leurs traitements, nous les aidons aussi dans le sevrage de toxiques, etc. Nous les accompagnons aussi dans toutes les tâches de la vie quotidienne telles que les courses, la gestion du linge, l’entretien de leur chambre… Les patients vivent dans des appartements thérapeutiques, en colocation de cinq et nous sommes à leur côté dans toutes les tâches de la vie quotidienne.
Quels sont les défis les plus importants auxquels vous êtes confronté au quotidien dans votre travail ?
Les défis les plus importants auxquels je suis confrontée au quotidien dans mon travail, ce sont les délais d’attentes relatifs à certaines démarches concernant les patients, que ce soit dans les recherches de logements ou dans la recherche de stages professionnels, les délais d’attente sont souvent particulièrement longs, ce qui peut avoir pour conséquence de ralentir les démarches et de démotiver certains patients qui souhaitent sortir de Passerelle. Notre mission reste de ce fait de les maintenir motivés dans ces projets.
Pouvez-vous nous décrire une expérience gratifiante ou significative que vous avez vécue du fait de votre métier ?
Lorsque je travaillais en service fermé de psychiatrie, les patients entraient dans notre service lors d’une décompensation psychique régulièrement due à un arrêt de traitement.
Les voir, jours après jours, se stabiliser et avoir la possibilité d’avoir un contact avec eux (ce qui n’était pas possible au tout début) et de les accompagner vers un transfert dans un service plus ouvert était vraiment gratifiant. Les patients étaient en effet souvent hospitalisés sous contrainte dans ce service, c’est-à-dire sans leur consentement. Lorsqu’ils sortaient du service fermé, cela arrivait régulièrement qu’ils nous remercient de les avoir aidés.
En quoi consiste la collaboration avec vos collègues au sein de l’association et comment travaillez-vous collectivement pour soutenir les personnes connaissant une altération de leur santé mentale ?
Au sein de Passerelle, nous travaillons en équipe pluridisciplinaire avec une ergothérapeute, un psychologue, des aides-soignantes, un psychiatre, une éducatrice spécialisée, une conseillère en éducation sociale et familiale (CESF) et une enseignante en activité physique adaptée (APA). Cette pluridisciplinarité permet que chacun apporte son expertise, après des évaluations, pour une prise en charge globale du patient. Notre force collective réside dans la complémentarité de nos approches.
Ensemble, nous élaborons des projets de soins individualisés pour chaque patient afin de guider au mieux son hospitalisation et d’assurer son suivi. Tout est fait pour que le patient puisse, à la fin de son hospitalisation, avoir tous les outils concrets nécessaires à une autonomie durable et une réinsertion sociale.
Pour vous, quels seraient les 3 mots qui qualifieraient l’association ?
Les trois mots qui qualifieraient l’association seraient pour moi :
-
- Innovante
- Humaine
- Pluridisciplinaire
Quels sont les outils et ressources que vous trouvez les plus utiles dans votre pratique professionnelle ?
Dans ma pratique professionnelle au sein de Passerelle, j’utilise beaucoup le dossier patient informatisé, car cela me permet de retrouver plus d’informations sur ses prises en charges (résultats de ses examens, antécédents médicaux…) et c’est également l’endroit où les différents professionnels de santé transmettent les éléments importants pour le patient.
En termes de ressources, j’utilise fréquemment le site de la Haute Autorité de Santé (HAS) pour tout ce qui est relatif aux recommandations, protocoles et bonnes pratiques. Pour tout ce qui peut concerner des interrogations sur les traitements par exemple, je me réfère au VIDAL, qui est une source sûre et professionnelle.
Je me réfère aussi régulièrement au Psycom, qui est un organisme public d’information sur la santé mentale et qui permet de lutter contre la stigmatisation en santé mentale.
Y-a-t-il de nouveaux projets au sein de votre unité dont vous aimeriez nous parler ?
Pour l’année 2026, notre projet est de pouvoir mettre en place la PAAM (patient en auto-administration de ses médicaments) au sein de Passerelle.
C’est un dispositif réglementé qui autorise les patients hospitalisés à prendre eux-mêmes leurs médicaments, soit seuls, soit accompagnés par l’équipe soignante, selon certaines conditions et après accord médical. L’objectif principal est de maintenir l’autonomie du patient, de renforcer ses connaissances sur ses traitements et de réduire les risques d’erreurs médicamenteuses, notamment lors de sa sortie d’hospitalisation.
Cela rentre totalement dans notre objectif d’autonomisation du patient à sa sortie.
Merci à Elisa pour cette immersion dans son métier et le partage de ses pratiques au quotidien.